Endocrinologie

Journée mondiale des maladies rares

« Kabuki make-up » : quelle est cette maladie rare qui affecte une soixantaine de Belges ?

Ce samedi 28 février, c’est le Journée mondiale dédiée aux maladies rares. L’occasion de mettre le focus sur l’une d’entre elles, qui n’a été découverte que dans les années 1980, au Japon, pays qui lui a donné son nom car certains symptômes au niveau du faciès des patients les font ressembler au maquillage des acteurs du théâtre traditionnel japonais appelé « Kabuki ».

syndrome Kabuki maladie rare
De gauche à droite: Florian, Nathan, Camille et Lilou, quatre patients touchés par le syndrome Kabuki.

Camille, jeune femme namuroise de 30 ans, souffre du syndrome Kabuki, une maladie rare non dégénérative qui affecte une personne sur 35.000, et peut conjuguer une centaine de malformations et anomalies diverses. À son époque, ses parents ont dû patienter de longues années pour avoir un diagnostic ferme et définitif. Un bébé qui naît aujourd’hui avec cette pathologie rarissime peut espérer être diagnostiqué vers ses six mois.

Bienvenue au Plan maladies rares

Que de progrès, mais le chemin est encore long. Le futur Plan maladies rares du ministre Vandenbroucke présenté mercredi devrait permettre d’éclairer ce chemin pour de nombreuses familles, mais aussi pour les professionnels de santé qui ne peuvent évidemment pas être au courant des 7.000 à 8.000 maladies rares que l’on estime exister à travers le monde. « La semaine dernière, nous consultions pour la première un endocrinologue et il n’avait jamais entendu parler du syndrome Kabuki », étaie le papa de Camille.

VERS LE SITE DE L'ASSOCIATION BELGE DU SYNDROME KABUKI

On estime qu’entre 60 et 70 cas sont actuellement diagnostiqués en Belgique. Mais il est possible, malgré certains signes distinctifs qui ont d’ailleurs donné son nom à la pathologie, de s’ignorer. La preuve par la présidente de l’association de patients française qui a appris qu’elle avait le gène muté à la naissance de son fils : elle avait elle-même dû lutter contre certains symptômes, mais a réussi à faire des études et n’avait jamais été diagnostiquée formellement jusque-là.

« À travers le monde, 1.474 cas sont officiellement recensés auprès de la Fondation Kabuki américaine », poursuit le papa de Camille, « or, avec un cas sur 35.000 naissances, il devrait y en avoir bien plus. » Et de donner l’exemple de deux enfants liégeois reconnus Kabuki mais qui ne présentent pas le gène muté, « preuve qu’il y a encore des mutations à trouver ».

Le Dr Damien Lederer, généticien, président du conseil scientifique de l’Institut de Pathologie et de Génétique (IPG) de Gosselies (et lauréat 2017 du prix Edelweiss de l’association RaDiOrg), a participé à la découverte du gène KDM6A [1], deuxième à l’origine du syndrome Kabuki et dont Camille est porteuse. La Pre Christine Verellen-Dumoulin (CHC et IPG) et le Pr Michel Mercier (UNamur) se sont eux aussi impliqués dans cette maladie rare et son association de patients (www.kabuki-belgium.be).

Kabuki symptômes« Le premier signe qui doit alerter est, typiquement, le manque de tonus (hypotonie) », se souvient le papa de Camille : difficulté à téter, à tenir sa tête, à demeurer assis, paupières qui tombent… Le nom de la maladie est inspiré du maquillage que portent les acteurs dans le théâtre traditionnel japonais dit ‘Kabuki’ : faciès aux sourcils arqués en forme circonflexe, yeux en amande, oreilles décollées, coin des yeux et de la bouche affaissés…

« Merci aux médecins de prendre le temps de nous écouter, nous parents, qui connaissons les symptômes de nos enfants et sentons quand quelque chose ne tourne pas rond », ajoute-t-il, « cela a évolué, mais il y a 25-30 ans, quand Camille était toute petite, c’était compliqué, personne ne nous entendait… Aujourd’hui encore ce n’est pas toujours simple dans la collaboration entre le nord et le sud du pays en matière de maladies rares. »

Deux gènes: KMT2D et/ou KDM6A

Un test sanguin référé en centre génétique permet d’identifier les gènes KMT2D (75% des cas) et/ou KDM6A (10%) et de poser le diagnostic. La maladie, non dégénérative, ne semble a priori pas limiter l’espérance de vie (certains patients français ont près de 60 ans aujourd’hui). Une centaine de malformations ou anomalies sont associées au Kabuki, du retard de croissance à l’obésité, en passant par les troubles hormonaux et anomalies cardiaques ou rénales, la surdité, des troubles oculaires, des maladies auto-immunes… Le déficit intellectuel est faible à modéré.

« Il n’y a aucun traitement jusqu’à présent, la chirurgie permet d’intervenir sur les malformations, notamment cardiaques, il faut souvent des appareils auditifs et un gros travail bucco-dentaire, notamment d’orthodontie », précise encore le papa qui chaque année, depuis 14 ans maintenant, organise notamment une marche dans sa commune, Celles (Houyet), qui attire entre 400 et 500 personnes, afin de faire connaître la maladie. La dernière édition s'est déroulée le week-end dernier.

1. Damien Lederer, Debbie Shears, Valérie Benoit, Christine Verellen-Dumoulin, Isabelle Maystadt. A three generation X-linked family with Kabuki syndrome phenotype and a frameshift mutation in KDM6A, Am J Med Genet A. 2014 May;164A(5):1289-92. doi: 10.1002/ajmg.a.36442. Epub 2014 Mar 24. 

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Geschreven door Cécile Vrayenne27 februari 2026

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