Arthrite psoriasique
Le potentiel des agonistes du récepteur au GLP-1
Les agonistes du récepteur au GLP-1 ne se présentent plus. Depuis quelques années, ils font couler beaucoup d’encre et de salive pour leur contrôle de la glycémie et du poids corporel. Et cette success story ne semble pas près de s’arrêter avec une entrée remarquée en rhumatologie. Après l’arthrose, c’est l’arthrite psoriasique qui est visée avec, dans cette analyse rétrospective, une réduction des marqueurs cardio-métaboliques mais aussi de l’inflammation systémique et de la douleur. Un aperçu des données présentées à l’ACR Conference 2025.
Dans l’arthrite psoriasique (PsA), la prévalence de l'obésité est élevée et associée à une diminution de la réponse thérapeutique, une aggravation de la maladie et une augmentation du risque cardio-métabolique. Il n’en fallait pas plus pour que les agonistes des récepteurs du peptide-1 glucagon-like (GLP-1RA) soient essayés chez ces patients pour leur faire perdre du poids et, qui sait, peut-être agir sur le cours de la maladie à l’image de ce qu’on observe dans l’arthrose.
PsA et comorbidités
Cette étude [1] a inclus 48 patients (âge médian : 52,7 ans, IMC médian : 34,9) avec une PsA, traités par sémaglutide (n = 36) ou tirzépatide (n = 12). Les comorbidités étaient notamment une obésité (64,6 %), un diabète (35,4%), une HTA (50 %), des maladies cardiovasculaires (12,5 %), une arthrose (27,1 %).
La perte de poids médiane après traitement est de 6,43 kg (p < 0,0001). Les taux de CRP, cholestérol et triglycérides ont significativement diminué, mais aussi les scores de douleur (p = 0,01), le DAPSA (Disease Activity in Psoriatic Arthritis) et le PtGA (Patient Global Assessment). Les analyses de régression montrent que chaque réduction de 1% du poids corporel est associée à une amélioration du DAPSA (β = -0,49), moins d'articulations douloureuses (β = -0,18) et une meilleure qualité de vie (β = 0,0016).
Un effet peut en cacher un autre
La perte de poids résultant de la prise d’un GLP-1RA est sans surprise associée à une diminution des paramètres cardio-métaboliques et une réduction de l’incidence des infarctus du myocarde, AVC, insuffisances cardiaques ou décès chez les patients traités comme le montre cette autre étude [2]. À cela s’ajoute un effet important sur la douleur rapporté aussi chez des patients avec une gonarthrose [3] qui voient leur douleur chuter de 41,7 points / 100 sous GLP-1RA vs 27,5 / 100 sous placebo (p < 0,001).
Faut-il y voir un effet anti-inflammatoire des GLP-1RA ? Ce n’est pas impossible du fait de la présence de récepteurs du GLP-1 à la surface des chondrocytes articulaires et des synoviocytes, qui permettrait aux GLP-1RA de réduire l’expression des cytokines pro-inflammatoires et stimuler la production de médiateurs anti-inflammatoires. Quoi qu’il en soit, cette double action sur le métabolique et l’articulaire mérite toute notre attention.
Références
1. Eder L et al. Glucagon-like peptide-1 receptor agonists therapy is associated in improvement in psoriatic arthritis-related and metabolic outcomes: A retrospective analysis of two cohorts [abstract 2687]. Arthritis Rheumatol 2025; 77 (suppl 9).
2. Tsibadze N, et al. Mortality and major adverse cardiac events (MACE) with GLP-1 receptor agonists in psoriatic arthritis. ACR 2025 ; #0849
3. Bliddal H, et al. STEP 9 Study Group. Once-Weekly Semaglutide in Persons with Obesity and Knee Osteoarthritis. N Engl J Med. 2024 Oct 31;391(17):1573-1583. doi: 10.1056/NEJMoa2403664