Pneumologie

Une nouvelle approche pour guider concrètement la prise en charge de l’embolie pulmonaire

Actuellement, les recommandations de l’ESC restent la référence en vigueur en Europe pour la prise en charge de l’embolie pulmonaire aiguë. La recommandation ACC/AHA de février 2026 marque toutefois une évolution importante, en proposant une approche plus opérationnelle, centrée sur le triage précoce et l’orientation du patient afin d’adapter d’emblée le niveau de prise en charge.

Dr Jonathan Munos - 7 avril 2026

Naar een nieuw beleid bij de behandeling van longembolie

Reposant sur une classification en cinq catégories, de A à E, cette nouvelle approche vise à mieux structurer la prise en charge dès la phase aiguë. Elle intègre plus directement l’évaluation du risque dans la décision clinique, et pose également les bases d’un suivi post-embolie pulmonaire (EP) plus organisé.

Une classification plus opérationnelle

Les catégories A-B correspondent à des patients à faible risque, souvent éligibles à une prise en charge ambulatoire. À l’inverse, les catégories C à E relèvent d’une hospitalisation, avec une sévérité croissante allant de l’atteinte du ventricule droit et/ou des biomarqueurs (BNP, troponine) à la défaillance cardiopulmonaire. Dans les formes les plus sévères, une escalade thérapeutique peut être discutée : thrombolyse systémique, reperfusion par cathéter (thrombolyse locale ou thrombectomie), voire embolectomie chirurgicale. Dans ces situations, la recommandation insiste sur le recours à des Pulmonary Embolism Response Teams (PERT), équipes pluridisciplinaires activées en cas de gravité ou d’incertitude, permettant une décision rapide, concertée et adaptée au patient et à la situation clinique.

Pour le pneumologue, cette classification reflète mieux la réalité clinique que celle de l’ESC, qui permettait surtout une stratification du risque et laissait de nombreux patients dans la catégorie “intermédiaire”, avec une utilité décisionnelle limitée. La recommandation ACC/AHA 2026 en propose une lecture plus opérationnelle, directement orientée vers la prise en charge. Ainsi, concrètement, un patient dyspnéique avec troponines/BNP élevés ou dysfonction du ventricule droit, classé à risque intermédiaire élevé selon l’ESC et en catégorie C selon la classification ACC/AHA 2026, relève d’une hospitalisation avec surveillance rapprochée, réévaluation clinique régulière et une escalade thérapeutique peut être envisagée en cas d’aggravation.

Suivi post-EP : du contrôle précoce au dépistage des séquelles

Un autre changement majeur concerne le suivi post-EP, désormais clairement structuré. Un contact téléphonique ou une consultation est recommandé dans la semaine suivant la sortie afin de vérifier le traitement, l’observance et la tolérance, notamment le risque hémorragique. Une réévaluation à trois mois permet ensuite d’adapter la durée de l’anticoagulation et de réévaluer la symptomatologie.

Par ailleurs, la recommandation insiste sur le dépistage systématique des séquelles respiratoires. Pendant au moins un an, toute dyspnée persistante, intolérance à l’effort ou limitation fonctionnelle doit faire évoquer une hypertension pulmonaire thromboembolique chronique. Elle résulte d’une résolution incomplète des embols avec persistance de thrombi organisés obstruant durablement les artères pulmonaires malgré une anticoagulation efficace. Le pneumologue devient ainsi un acteur central du suivi, au-delà de la seule gestion de l’anticoagulation.

Références
1.Creager MA, Barnes GD, Giri J, et al. 2026 AHA/ACC/ACCP/ACEP/CHEST/SCAI/SHM/SIR/SVM/SVN guideline for the evaluation and management of acute pulmonary embolism in adults. Circulation. 2026;153:e00–e00. doi:10.1161/CIR.0000000000001415.
2. American College of Cardiology. First AHA/ACC acute pulmonary embolism guideline: prompt diagnosis and treatment are key [Internet]. 2026 Feb 19 [cited 2026 Mar 22]. Available from: https://www.acc.org/about-acc/press-releases/2026/02/19/19/27/first-ahaacc-acute-pulmonary-embolism-guideline-prompt-diagnosis-and-treatment-are-key

Écrit par Dr Jonathan Munos7 avril 2026
Faites un essai gratuit!Devenez un partenaire premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • newsletter hebdomadaire avec des nouvelles de votre secteur
  • l'accès numérique à 35 revues spécialisées et à des aperçus du secteur financier
  • Vos messages sur une sélection de sites web spécialisés
  • une visibilité maximale pour votre entreprise
Vous êtes déjà abonné? 

Wat heb je nodig

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Devenez partenaire premium

Choisissez l'adhésion qui vous convient

PREMIUM PLUS
€ 149 / Année*
Devenez partenaire premium

Articles connexes

Libérer les prisonniers du sommeil : une avancée thérapeutique majeure frappe à la porte de la narcolepsie

Encore méconnue et souvent diagnostiquée tardivement, la narcolepsie bouleverse profondément la vie quotidienne des patients. Alors que les traitements actuels restent essentiellement symptomatiques, une nouvelle génération de médicaments ciblant directement le système de l’orexine pourrait marquer un tournant majeur dans la prise en charge de la maladie.

Le nombre de cancers du poumon continue d'augmenter, en particulier chez les femmes et les non-fumeurs

D'ici 2035, le nombre de nouveaux diagnostics de cancer du poumon en Belgique devrait passer de 9 487 à 11 429 par an.

Accès précoce au tarlatamab après échec d’une première ligne dans le cancer du poumon à petites cellules

L’INAMI a adopté, le 25 juin 2026, une décision-cadre ouvrant un accès précoce au tarlatamab, commercialisé sous le nom d’Imdylltra, chez certains adultes atteints d’un cancer du poumon à petites cellules de stade étendu. Le traitement s’adresse aux patients dont la maladie a progressé ou rechuté après une première ligne reposant sur une chimiothérapie à base de platine, éventuellement associée à un inhibiteur de PD-(L)1.

Accès précoce à la lurbinectédine en entretien du cancer du poumon à petites cellules

L’INAMI a adopté, le 25 juin 2026, une décision-cadre ouvrant un accès précoce à la lurbinectédine, commercialisée sous le nom de Zepzelca, dans le cancer du poumon à petites cellules de stade étendu. Le médicament pourra bénéficier d’une intervention temporaire lorsqu’il est utilisé en association avec l’atézolizumab comme traitement d’entretien chez des patients adultes dont la maladie n’a pas progressé après une induction de première ligne.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
30 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine