Dépistage du cancer colorectal : un taux de participation dramatiquement bas
La Belgian Society of Medical Oncology (BSMO) et l’association Stop Darmkanker avec le soutien de Takeda Belgium tirent la sonnette d’alarme : le taux de dépistage du cancer colorectal est totalement insuffisant. La maladie fauche encore 2.500 personnes chaque année.
Avec 7 décès par jour, le cancer colorectal est le troisième le plus répandu en Belgique. Pourtant, la BSMO constate que seulement un peu plus d’un Belge éligible sur deux participe au programme de dépistage et seulement un tiers en Wallonie et à Bruxelles. Or ce type de cancer est curable à 90%.
La Flandre fait mieux pour une raison simple : elle envoie un kit de dépistage systématiquement aux personnes éligibles. « En Wallonie, le public cible ne reçoit le test automatiquement qu’après avoir effectué un premier test. À Bruxelles, le test n’est pas envoyé automatiquement aux patients. »
Pays-Bas à la pointe
Les Pays-Bas montrent l’exemple avec l’envoi d’un kit de dépistage à l’ensemble de la population-cible. Ce qui porte le taux de dépistage chez nos voisins bataves à 73%.
« En détectant le cancer colorectal à un stade précoce, nous pouvons éviter beaucoup de souffrance et de décès prématurés. Les patients peuvent être aidés plus rapidement et plus efficacement, avec des traitements souvent moins lourds et de meilleures chances de guérison. Chaque euro investi dans la prévention permet d’éviter plus tard des coûts de soins importants », souligne le Pr Dominique Vandijck, co-Président de l’association Stop Darmkanker.
Le médecin généraliste et le pharmaciens ont également un rôle important à jouer tant les patients ont confiance en eux.
Lie Chen Ong, Responsable oncologie chez Takeda Belgium, insiste : « Il est crucial de soutenir davantage les médecins généralistes et pharmaciens dans leur rôle. Il ne s’agit pas d’alourdir leur charge, mais de leur offrir des outils simples, des procédures plus fluides et un cadre clair pour faciliter l’information, la sensibilisation et, lorsque c’est possible, la distribution du test. Intégrer la discussion sur le dépistage aux consultations de routine ou aux passages en pharmacie peut devenir un puissant vecteur de prévention. »
Cancer colorectal : encore tabou
Outre la gêne autour du test fécal, les tabous sont tenaces autour de ce cancer comme la croyance qu’il ne s’agit que d’un cancer masculin. Pourtant, 45% des nouveaux cas sont découverts chaque année auprès des femmes.
Le cancer colorectal reste un sujet sensible – souvent accompagné de gêne autour du test fécal – mais également de peurs et de croyances tenaces qui freinent encore trop souvent le dépistage. On pense aussi que ce cancer ne touche que les personnes âgées alors que des diagnostics sont posés chez des personnes de moins de 50 ans.
« Parmi les personnes dépistées autour de 72 ans, 20 à 25 % le sont déjà à un stade métastatique, ce qui souligne l’enjeu d’un dépistage plus précoce. Enfin, une bonne hygiène de vie ou l’absence d’antécédents familiaux ne suffisent à protéger de la maladie : 65 % des cancers colorectaux apparaissent de manière sporadique, sans cause héréditaire ou antécédents familiaux identifiés. »
Mars, mois de lutte contre le cancer colorectal
Les 50-74 ans vivant en Belgique sont invités à réaliser un dépistage colorectal tous les deux ans.
-En Wallonie, pour une première participation au programme, le test peut être obtenu via le site web du programme de dépistage (https://www.depistagecancer.be/kit/), en pharmacie, ou encore par l’intermédiaire du médecin traitant. Pour les personnes qui participent déjà au programme, le test est renvoyé automatiquement tous les deux ans directement au domicile du patient.
-En Région de Bruxelles-Capitale, les personnes éligibles peuvent commander ou demander le kit de dépistage tous les deux ans dans toutes les pharmacies bruxelloises. Pour plus d’informations, rendez-vous sur https://www.bruprev.be/fr/colotest